Sur les pages abandonnées

Paradoxe de l’hiver, les magazines commencent à sentir bon les beaux jours alors que le crachin nous tombe dessus. Pendant que les collections automne/hiver défilent sur les podiums, les couleurs nacrées et légères s’incrustent dans la presse de la semaine.

Y’a du relâchement sur La gazette de la mode, alors pour me rattraper, voilà une revue de presse toute spéciale. Comme d’habitude, Grazia et Madame Figaro sont passés à la moulinette, avec un petit supplément : aujourd’hui je m’intéresse aussi à M, le magazine du Monde.

Crayons & pastels

La couverture de Madame Figaro et la séance photo Hot ! de Grazia ont quelque chose de similaire : les couleurs délavées. Les pastels sont littéralement étalés dans les magazines. Que ce soit par touche ou en total look, il semblerait que personne ne soit épargné par leurs pigments. Comme un clin d’oeil, Madame Figaro va même jusqu’à déclarer en 2012 l’année de la jupe crayon… un shooting sur fond nude évidemment.

Bling-bling vert anis chez Versace, dans les pages de Madame Figaro.

« Coquillages et crustacés… » Le chapô de la séance photo de Grazia met dans le bain le lecteur. Les photos sentent bon l’embrun du bord de mer de Miami et les codes des fifties. Pois, turquoise passé, lunettes de star, imprimé vichy et un quelque chose assumé d’une certaine Betty Page. Pour celles qui auraient peur de ne pas gérer les codes de la pastel fever, M signe une colonne sur le B. A.-BA de la tendance phare de la saison prochaine.

Le style dans la peau

Parce-que Madame Figaro veut que l’on ait tout compris, le magazine a mené  l’enquête sur le graal des modeuses, celui que l’on cherche sans jamais le trouver pour de bon, j’ai nommé le style. Un article complet, avec les intervenants qu’il faut et les clés à saisir sur ce sacro-saint essentiel.
Dans M, ce sont les « fragrances couture » qui sont décryptées. Un papier court, mais édifiant sur l’histoire des senteurs élaborées par les maisons et les marques de vêtements.

Le parfum sera disponible en février chez Sephora.

Coup de  ♥

Et puisque l’on parle de style et que Kate Moss est comme toujours inévitable sur le papier glacé, cette semaine voit passer un énième portrait de la brindille. Mais pas n’importe lequel. Je m’incline sous la plume de Marc Lambron, qui signe un article d’une intelligence rare. Un portrait oui, mais dépeint sur fond de Watergate, de désillusions, de Beatles et de Breat Easton Ellis. La Moss vue par le filtre de la société dans laquelle elle a évolué. Bluffant.

Pour finir, une petite note sur l’interview de Yann Barthès dans M. Intéressante, constructive et bien menée. Ça ne parle pas de mode, je vous l’accorde. Mais il est quand même stylé, et les photos sont dans les tons pastels. CQFD.

Fiona Ipert
 

Portrait de couple

Inez & Vinoodh.

Une femme, Inez Van Lamsweerde et un homme, Vinoodh Matadin. Ensemble, ils forment le duo de photographes le mieux payé de la mode. Un couple exemplaire, qui signe ses clichés à quatre mains. Ils le font tellement bien que les magazines et les stars sont touchés par l’hérésie inezandvinoodhienne depuis presque trente ans. Et quelque chose me dit que ce n’est pas prêt de s’arrêter.

Un couple à faire des jaloux. Inez & Vinoodh collaborent depuis 26 ans et partagent leurs vies depuis deux décennies. Souvent prisés par les magazines de mode, les deux photographes sont aussi très demandés par les stars, toutes en quête DU portrait signé de leurs mains. Un trophée que nous, communs des mortels, on afficherait fièrement au dessus de notre cheminée. Fréquemment, ils réalisent aussi les publicités des plus grandes marques, comme Lanvin, Gucci, Viktor & Rolf ou Chloé.

Portraits de Kate Moss, Clint Eastwood & Mila Kunis.

Objets de désirs, leurs clichés sont d’une extrême précision. Chez I&V, rien n’est laissé au hasard. Pour être certains qu’aucun détail ne leur échappe, les photographes prennent chacun des photos d’un angle différent. Le résultat est le miroir de leur double vision.  Le message véhiculé est comme décuplé.

Bizarreries inoubliables

Les deux compagnons jouent sur l’étrangeté. Face à l’une de leur photo, il y aura forcément quelque chose pour arrêter l’oeil. Une couleur, un mouvement, une pose, ou simplement l’ensemble. Aucune de leurs oeuvres ne s’oublie. Sans spécialement être dans le choquant ou dans le trash, ils arrivent à marquer les esprits, à la manière des plus grands artistes de leur génération.
Pour montrer leur art au monde entier, ils sillonnent les galeries d’exposition. Il ne se passe pas une année sans que Inez & Vinoodh ne soient exposés quelque part dans le monde. Amsterdam (leur ville natale), Pékin, Shanghai, New-York, Munich, ils sont passés quasiment partout.

Immortels

Paradoxalement, Inez & Vinoodh n’appartiennent à aucune mode. Et c’est sûrement là le secret de leur longévité. Ils imposent leur propre style, qu’ils développent, transforment et modèlent à chaque nouvelle séance photo. La comparaison avec des directeurs artistiques se fait naturellement. Comme eux, ils arrivent à se renouveler tout en conservant ce quelque chose qui les rend uniques.

Trois photos de mode réalisées par Inez & Vinoodh.

Tout-terrain

Inez & Vinoodh n’ont pas fini de nous surprendre. Depuis quelques années, les deux photographes se sont lancés dans la réalisation de mini-métrages, condensés des shootings qu’ils réalisent. Les excentriques Björk et Lady Gaga se sont déjà prêtées au jeu.
Le mois dernier, Taschen a édité un livre collector, récapitulatif de la carrière des photographes, Pretty Much Everything. Signe que les deux ne sont pas prêts de s’arrêter là, Inez a même dans l’idée de créer un opéra rock ! En attendant, dans quelques jours, leur énième couverture pour Vogue sera en kiosque.

Vogue Paris (août 2011), V magazine (summer 2011) & Vogue Paris (février 2012).

Fiona Ipert
 

Les blogs, plus forts que les magazines ?

Vous êtes les premières à avoir succomber aux blogs de mode. Après vous, ils ont attiré les créateurs et les marques dans leurs filets. Certains voient en eux du néo-journalisme. D’autres critiquent leur manque de transparence. La presse féminine, elle, a peur de se faire voler la vedette.

Principale activité des blogueuses : se prendre en photo dans leurs nouvelles tenues. Ici, Pandora. ©Emiliecarpuat

Garance Doré, Le blog de Betty, Punky B, Pandora, The Cherry Blossom Girl … Vous avez forcément un jour cliqué sur l’un de ces blogs. Si les plus influents se comptent sur les doigts des mains, la blogosphère est beaucoup plus étendue. Rien qu’en France, chaque jour, des dizaines de blogs voient le jour. N’importe quelle férue de style peut se prendre en photo et entrer dans le monde merveilleux des blogs.

La mode à leurs pieds

Le succès du journal intime nouvelle génération se mesure à la place que prend son auteur dans le milieu de la mode. Les filles sortent de derrière leurs écrans pour s’imposer dans le milieu. Il y a deux ans, Dolce & Gabanna a initié un mouvement : la marque a invité quatre blogueurs stars au premier rang de son défilé. Une place jusque là prisée par les rédactrices des plus grands magazines de mode et autres vedettes en tout genre. Aujourd’hui, le procédé est entré dans les moeurs. Tavi Gevinson, une jeune blogueuse de 13 ans, a sa place attitrée aux côtés d’Anna Wintour, rédactrice en chef du Vogue US.

Tavi (avec les cache-oreilles en fleurs), à droite d'Anna Wintour.

Les associations entre les marques et les reines de la toile deviennent légion. Garance Doré a participé à un spot publicitaire pour Petit Bateau le mois dernier. L’année précédente, une boite de bonbons Ricola était même estampillée d’un croquis de la blogueuse. Leurs images plaisent tellement que certaines marques comme Zara n’ont pas hésité à s’inspirer fortement des starlettes du net.

En haut, la vrai Betty. En bas, le tee-shirt Zara.

Plus que leurs collaborations commerciales, le contenu des plateformes dérange. Les encarts publicitaires se multiplient dans leurs colonnes. Les filles postent des billets sur des produits envoyés gratuitement par les marques. Les magazines féminins, Glamour en tête de proue, dénoncent un côté « publi-reportage ». L’anti-journalisme par excellence. Des attaques assumées par les blogueurs. Parmi eux, Kenza (de La Revue de Kenza) a révélé payer son loyer et ses charges grâce à son blog. Les plus visités gagneraient jusqu’à 15.000 euros par mois. Avec en plus, à côté, des billets rémunérées à coup de 800 euros par les demandeurs… Contre environ 80 euros pour des journalistes de profession. De quoi râler !

Quelques pubs récoltées sur le blog de Kenza.

Plus proche du lectorat

A l’heure d’internet, les blogs de mode sont une alternative à la presse féminine. Les agences de publicités sont attirées par leur prix attractifs : quelques centaines d’euros la pub contre 25.000 euros pour apparaître sur les pages glacées des magazines. Avec une visibilité toute aussi importante puisque certains blogs comptabilisent un million de clics par mois. Les lectrices, elles, n’ont plus besoin d’attendre les parutions pour avoir leur dose de mode, même si le contenu n’est pas équivalent. Surtout que les blogs ont un argument de taille : la gratuité.

Dans une société de consommation où les prix de la mode atteignent des sommets, les femmes de 18-35 ans ont besoin de se sentir concernées par ce qu’elles lisent. Pour Lisa Delille, directrice de la rédaction de Paulette Magazine, le constat est clair : « Les filles d’aujourd’hui ne se retrouvent plus dans l’image que dégage les magazines. » Si le lectorat de la presse féminine est friand des blogs, c’est que la presse lui semble appartenir à un autre monde, inaccessible. Les blogueuses mode ont cet aspect de proximité. Elles ne sont pas enfermées dans le carcan du journalisme. Comme leurs lectrices, ce sont avant tout des consommatrices.

Fiona Ipert
 

Lisa Delille : « Paulette est une pionnière »

Paulette n’est pas seulement une vieille tante aigrie. C’est aussi un magazine à la mode. Un féminin participatif sur internet. Ses lectrices sont ses rédactrices, ses mannequins et ses inspiratrices. Si le concept continue de briller, son rêve se concrétisera : se retrouver dans les kiosques à journaux. Lisa Delille est la directrice de la rédaction. Elle parle de Paulette, de sa naissance à ce qui l’attend dans le futur.

Lisa Delille consacre sa vie professionnelle à Paulette. © Vanessa Kroupa

Comment Paulette est-elle née ?

Je connais Irène, la créatrice, depuis le collège. Nous avons toujours eu la volonté de créer un magazine qui ressemble à nos copines et aux filles que nous voyons tous les jours. L’idée, c’était de s’y retrouver, d’inventer le féminin dont nous rêvions. Nous avons rapidement pensé au fonctionnement participatif, dans lequel des lectrices, des illustrateurs et des photographes jeunes talents pourraient s’exprimer. Le but : ouvrir nos rubriques à toutes les personnes qui voudraient participer. Faire de Paulette son propre magazine.

Quand vous êtes-vous lancées ?

Paulette est dans nos esprits depuis environ cinq ans. Nous avons sauté le pas en 2009 en commençant par faire parler de nous. Puis nous avons organisé plusieurs réunions pour présenter le projet à des créatifs. Ça a marché. Grâce à leur engouement, les numéros pilotes ont pu être réalisés à partir de l’automne 2009. En janvier 2010, pour les remercier, nous avons mis en place le blog « L’atelier Paulette ».

Comment êtes-vous parvenues à la Paulette d’aujourd’hui ?

Sûrement avec l’aide du site internet. Paulette-magazine.com a été lancé il y a un peu plus d’un an. Il nous a permis de toucher un public plus large. En comparaison, « L’atelier » était trop confidentiel. Seuls nos collaborateurs le visitaient. Sur le site web, notre notoriété a augmenté. Avec le besoin de publications quotidiennes, de plus en plus de monde participait au projet. Les gens ont commencé à parler de Paulette entre eux. Les réseaux sociaux, et surtout facebook, nous ont donné l’opportunité de nous développer.

« Nous devons beaucoup à notre intuition »

Vous attendiez-vous à un tel succès ?

Nous n’avons jamais vraiment douté de Paulette. Aujourd’hui nous dénombrons 120.000 vues mensuelles sur le site internet, 16.000 fans sur la page facebook et 15.000 abonnés à la version papier. Je pense que nous devons beaucoup à notre intuition. Nous avons pressenti assez tôt l’importance des réseaux sociaux et des blogs de mode. Paulette a été pionnière dans ce côté « une bande de nanas lance son magazine toute seule ». C’était une nouveauté. Un groupe de filles débute sans soutien financier ni groupe de presse, avec comme seule arme sa motivation. Forcément, le concept a touché les gens, a attiré leur attention.

Votre réussite est grandissante. Comment expliquez-vous cela ?

C’est en partie dû au système communautaire. L’équipe est toujours à la recherche de nouveaux talents. Nous offrons de la visibilité à des gens qui n’en auraient pas ailleurs. En contrepartie, le public est conquis par la recherche constante de nouveauté. Et puis, Paulette sonne très féminin, très rétro. Les lectrices ont l’impression de la connaître, d’être proche d’elle. Comme un surnom qu’on donnerait à une amie. La rédaction reflète une image de filles énergiques, passionnées, créatives. De filles normales. Comme n’importe quelles étudiantes ou jeunes professionnelles, nous avons un petit budget. Tout le monde se sent concerné. Plein de filles sont dans la même situation : vouloir s’habiller, avoir son propre style, tout en surmontant les contraintes financières.

« Paulette aime la mode »

A quoi ressemble la Paulette type ?

Paulette est friande de mode. Elle a entre 18 et 35 ans en moyenne. Elle est plutôt citadine, mais pas Parisienne. La majorité de nos abonnées papier sont basées en province. Sur le site, nous avons plus de connexions venant d’autres régions que l’Ile de France. Nous sommes très attachées à ce côté national.

Une bonne Paulette se doit d'avoir des lunettes en forme de coeurs.

L’entretenez-vous ?

Oui. Pour conserver ce lien, nous faisons en sorte de sortir de la capitale. Par exemple, la soirée de lancement du deuxième numéro aura lieu à Lyon ce soir. Nous nous sommes engagées à changer de ville pour chaque nouvelle parution. L’idée c’est d’aller vers nos lectrices. Nous organisons des événements comme des vide-dressings ou des salons de jeunes créateurs pour toutes se retrouver.

Peut-on parler d’une « communauté Paulette » ?

Certainement. La plupart de nos lectrices répond présente à nos événements. A tel point que nous sommes surprises du succès de nos soirées. C’est là que nous nous rendons compte du nombre de personnes qui nous suivent. Chose que nous avons du mal à voir quand nous sommes derrière notre écran d’ordinateur. C’est touchant de se dire que les gens se donnent rendez-vous, se préparent et se déguisent exprès pour Paulette. Cette communauté se ressent même sur facebook, twitter et le site internet. Dans la rubrique Vie de Paulette, les lectrices se posent des questions, se répondent mutuellement. Il y a une vraie solidarité entre elles. J’ai l’impression qu’elles se sentent concernées.

Est-ce important pour vous ?

Bien sûr. Nous prêtons une grande attention à ce que peuvent dire les lecteurs. Grâce à leurs conversations sur le site internet, nous réalisons ce qui ne leur plaît pas ou ce qu’ils aimeraient trouver sur Paulette. L’idée, c’est de créer la discussion entre nous pour répondre à leurs attentes.

« Paulette est une aventure qui démarre à peine »

Le magazine participatif est-il un bon outil de travail ?

Nous en sommes convaincues puisque nous nous sommes lancées là-dedans. Le participatif est passionnant pour l’équipe fixe. Nous sommes en relation avec énormément de gens à la fois. Nous aidons pas mal de filles à écrire, à faire de la photo. Elles sont guidées, formées parfois. Elles s’enrichissent et nous en sommes ravies. L’inconvénient, c’est que nos collaborateurs n’ont pas vocation à rester éternellement.

Ce fonctionnement a-t-il de l’avenir chez Paulette ?

A nos yeux, le participatif est un modèle économique qui n’est pas figé et qui est forcément amené à évoluer. Le mode de fonctionnement est compliqué. A terme, nous aimerions être rémunérées et payer nos contributeurs. Histoire de mieux encadrer les choses. Il faut garder à l’esprit que Paulette est une aventure qui démarre à peine. Notre but est de prendre de l’ampleur tout en gardant le lien avec nos collaborateurs et lecteurs. Nous souhaitons devenir un magazine important avec une grande visibilité : sortir en kiosque.

N’est-ce pas là un pari risqué ?

Chez Paulette, nous croyons encore fortement au papier. Nous aimons intensément ce média, nous y sommes très attachées. Le numérique n’est pas notre souhait de départ, même si le virus nous a touchées. En créant le site internet, nous nous sommes converties au journalisme 2.0. Alors l’idée est venue de proposer à nos lectrices un objet à 360 degrés. A la fois du digital, un webzine et un magazine.
Pour nous, le web répond au papier et vice versa. Les deux sont complémentaires. Nous sommes fières de la maquette du magazine, de l’objet. Nous avons plaisir à le feuilleter. Depuis le premier numéro, nous sommes aux anges quand nous savons que les lectrices le reçoivent, le partagent à leurs amies et à leur famille. Le papier marque beaucoup plus les esprits. Nous aurons plaisir à le rouvrir dans quelques années. Il passera plus facilement l’épreuve du temps.

Les couvertures des deux premiers numéros papier de Paulette.

Qu’y a-t-il de plus dans la version papier de Paulette ?

Le contenu est 100 % original. Il n’y a pas de doublon avec le site internet. Le magazine contient des rubriques qu’il n’y a pas sur le web, comme l’horoscope, des chroniques, des sujets sexo, des shootings exclusifs. Mais surtout, chaque numéro a son propre univers. A la rédaction, nous décidons d’un thème et nous le déclinons à travers toutes les rubriques. À l’arrivée, le magazine s’apparente à un beau livre culturel. Un livre de mode, avec un univers cohérent. C’est une plus-value énorme par rapport au web. Et puis il y a le souci de temporalité. Sur internet, on peut décider de poster un article le jour pour le lendemain. Sur papier, c’est un travail de longue haleine.

« Toutes les Paulette pourraient devenir des amies »

Qu’allez-vous retenir de l’année 2011 ?

Avant tout le lancement papier, en octobre. Il restera un moment fort pour nous, la concrétisation de deux ans de travail acharné. Je vais aussi sûrement me souvenir de plein de petits instants. Je suis émerveillée à chaque fois que je m’échappe de mon bureau. Au salon Who’s Next en juin, j’ai été impressionnée par notre notoriété. Les filles venaient boire des coups avec nous, nous avions l’impression de nous connaître depuis toujours. Nous discutons beaucoup avec les lectrices. On se rend compte qu’on a plein de points communs, qu’on se ressemble. Finalement elles pourraient toutes devenir des amies. Mais on aurait beaucoup trop d’amies ! (rires)

A quoi faut-il s’attendre chez Paulette pour 2012 ?

Une sortie kiosque ! Elle sera d’actualité quand nous aurons atteint les 30.000 abonnements papier. On espère de tout coeur y arriver dans les mois qui viennent. Cette année, nous avons déjà mis en place la livraison à l’étranger. En 2012, nous souhaitons être partout. Ou du moins trouver un moyen de distribution de proximité. Pour que les Paulette puissent attraper leur magazine quand elles veulent, où elles veulent.

Qu’y aura-t-il de nouveau dans le prochain numéro ?

Les pages du numéro 3 accueilleront une nouvelle rubrique : « Lançons la mode ». Elle a eu beaucoup de succès sur internet, alors nous avons voulu l’incorporer à la version papier. Le concept : remettre à la mode des choses ringardes. Le bonnet de foot du PSG ou les genouillères y sont déjà passés. Ce serait drôle de lancer une mode incongrue. Après les paillettes, pourquoi pas le pull autrichien ?

Fiona Ipert
 

Noël à la page #5

La collection de l’Officiel par Patrick Cabasset

L’Officiel a 90 ans de parution derrière lui et des milliers de photos de mode publiées. Elles méritaient d’être triées et classées. C’est ce que Patrick Cabasset, rédacteur en chef mode, a fait. Il en est ressorti une « encyclopédie » en huit volumes.

Chaque livre a un thème bien précis. Un condensé de shootings de toutes les époques. L’art de paraître en ville, les excès, la joaillerie, les robes de mariée, les it girls, la haute couture, les animaux à la mode et la plage ont tous droit à un ouvrage. Avec, en plus, des noms qui font rêver : « Look at me ! », « Mode et Excès », « Bling ! », « Oui je le veux ! », « It Girl ! », « Fantasmes Couture », « Bêtes de Mode » et « Splash ! ». Le choix risque d’être difficile.

Prix à l’unité : 17,90 euros.

Fiona Ipert